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  • frederique STREF

Qu’est qu’une addiction ?


Les addictions comportementales comme les jeux d'argent et les addictions aux substances comme l'alcool ou les drogues, activent toutes deux le même circuit dans le cerveau, lié à la production de dopamine connue comme l'hormone du plaisir. Cette surproduction altère le fonctionnement ordinaire du cerveau.


La consommation ou l'absorption de substances peuvent entraîner une dépendance et un comportement durable comme les jeux d'argent, les heures passées sur son téléphone, console de jeux ou ordinateur qui provoquent aussi des modifications physiologiques. La dépendance peut persister malgré le sevrage. Probablement parce que les souvenirs émotionnels restent persistants malgré l'abstinence. Cela explique pourquoi un fumeur peut avoir encore envie de fumer quinze ans après avoir arrêté.


Dans la plupart des cas, le fait de reprendre une cigarette en entraîne d'ailleurs beaucoup d'autres. Il en va de même pour les drogues ou l'alcool. Le risque de rechute peut être plus faible dans le cas des addictions sans produit, car l'addiction comportementale ne modifie probablement pas l'activité du cerveau de manière aussi importante, celui-ci restant plus plastique.


L'addiction ne résulte pas d'un manque coupable de volonté


Ses causes sont multiples : un tempérament dépressif, une nature compulsive et impatiente, une vie affective restreinte. Et aussi, dans une certaine mesure, une fragilité.


Il est clair que malgré des efforts insurmontables, aucune personne touchée ne peut s'en sortir seule, il n'est pas question de volonté, sauf à vouloir chercher de l'aide pour une "déprogrammation" et une "reprogrammation" des certaines croyances, mais surtout de créer de l’espace dans un premier temps pour ne plus subir l’obsession.


Marcher dans la rue, c'est comme être entouré de quasi-zombies, indifférents aux autres, les yeux fixés sur leur téléphone ou leur tablette, incapables d'arrêter d'envoyer des textos même en traversant la rue

De nouvelles pathologies liées aux comportements addictifs, aux excès, semblent émerger régulièrement. Marcher dans la rue, c'est comme être entouré de quasi-zombies, indifférents aux autres, les yeux fixés sur leur téléphone ou leur tablette, incapables d'arrêter d'envoyer des textos même en traversant la rue.


Dans les grandes villes, il existe désormais des refuges pour les dépendants affectifs et sexuels qui ne peuvent résister à leurs pulsions, prendre le temps de désirer et de considérer le désir de l'autre. Près d'un fumeur sur deux n'a pas pu arrêter, sachant que le tabagisme est la première cause de mortalité évitable. Selon les statistiques, près de 6 % des consommateurs ne peuvent s'empêcher de s'endetter pour acquérir et accumuler des objets dont ils n'ont pas besoin. Et ils sont de plus en plus nombreux à s'adonner aux jeux d'argent.


Sommes-nous devenus incapables de rechercher le plaisir sans transformer immédiatement cette quête en addiction ? Pourquoi cette explosion d'addictions et de comportements marqués par l'impulsivité, la perte de contrôle ?


D'abord, nous vivons dans une société où la consommation, la possession sont des impératifs vitaux, où la frustration est intolérable. Et où de nouveaux objets de « plaisir » apparaissent sans cesse. Or, toute nouveauté dans ce domaine est susceptible de faire naître une nouvelle addiction : une tentative d'obtenir encore plus de plaisir de cette chose, de ce produit, de cette activité.


Aider une personne qui souffre des conséquences d'une addiction requiert un niveau de tolérance et d'empathie élevé, en dehors de toute injonction morale ou idéologique.


Acquérir la liberté du produit ou du comportement qui pollue la vie est certainement le plus édifiant, le plus gratifiant face à l'incapacité à se contrôler, comme dans les achats compulsifs, la boulimie ou le rapport aux jeux de casino lié à l'anxiété excessive et aux mauvaises habitudes.


L'abstinence, nécessite un travail en profondeur qui couvre un spectre très large de toutes les étapes de la vie, tous les affects, les émotions et les sentiments.


Au cours de la psychanalyse, le client peut lier ses prises de conscience de pulsion incontrôlable comme prendre une dose ou fumer une cigarette, quand le plaisir du début est devenu souffrance, quand les effets négatifs l'emportent sur les positifs, à l'absence primaire d'attachement qui nourrit émotionnellement, affectivement et spirituellement et au manque de narcissisme primaire (à ne pas confondre avec orgueil ou prétention). Or, nous avons tous de petites dépendances. Parce que nous souffrons tous de carences, parce que la normalité n'existe pas, parce que nous avons besoin de dérivés, de consolation, parce que l'être humain est mû par le principe du plaisir plus que par la raison.


Et que surtout "nous dépendons des autres pour exister". La croyance en une indépendance absolue est une aberration.



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